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The AnthroGlobe Journal

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CONFERENCE

Culture, idéologie négro-africaine et renaissance : de la découverte de l’Autre à la découverte de soi.

 

© Urbain Amoa

Ecole Normale Supérieure- Abidjan

First Posted: 20 November 2005

Dans la cosmogonie négro-africaine, l’Autre est toujours un autre de soi-même, un autre autre que soi, un génie, un sorcier qu’il faut recevoir (hospitalité) avec respect. La raison : on ne sait pas qui est l’Autre, on ne sait d’où il vient ni où il va. L’Autre est donc un tout autre un bienheureux qu’il faut recevoir pour jouir de ses bienfaits ou un esprit maléfique qu’il faut accueillir pour échapper à ses malédictions. L’accueil que l’on réserve à l’Autre vise donc à Amener l’hôte à échapper au malheur. L’âme négro-africaine est, de part en part habitée au quotidien par une conscience inquiète.

I/ Du principe de la conscience inquiète : l’expression d’un espace politicien

Conscience inquiète est la conscience de l’Etre seul, l’Etre sans les Autres qui pour soi constituent un tissu de sécurité sociale.

Conscience inquiète est la conscience de l’Etre qui n’est que parce qu’il est avec les Autres qui le soutiennent et qu’il soutient. Ainsi l’Etre n’est qu’en tant qu’objet de la Cité dont il dépend, auquel il est soumis.

Conscience inquiète est l’être qui n’est que parce qu’il est, comme l’écrit Birago Diop en communion permanente avec les “ Etres et les Choses ”, les morts qui ne sont pas morts. L’Etre négro-africain n’est donc qu’un Etre Associatif. Ainsi se comprend la perception de l’être négro-africain à la fois visible et invisible dans un monde à la fois réel et abstrait.

II/ Du principe de la renaissance négro-africaine comme théorie nouvelle pour un nouvel Etre négro-africain

Et quand Léopold Sédar Senghor annonce le métissage culturel, lui – métissage produit d’un métissage biologique et que l’on crie ‘‘Haro ! sur le baudet’’ c’est se vouloir un Etre négro-africain statique.

Et quand, à l’ostracisme, le monde aujourd’hui répond, mondialisation, c’est inévitablement l’avènement d’un nouvel Etre toujours soi-même par racine et déjà pluriel par le fait d’un contrat implicite de commission avec l’Autre. renaître alors prend le sens de Naître à nouveau avec l’Autre en étant soi-même jusqu’à ce que ce nouveau soi-même disparaisse au profit d’un Nous-mêmes pour mieux-être soi même

Etre soi-même c’est donc, vivre sa culture et son essence pour avec l’Autre échanger, partager vivre ensemble – Car comment Tu se définirait-il s’il n’y avait pas Je ? Comment Je aurait-il pu exister sans l’Autre pour que se fixe un Nous d’humanisme ? Etre soi-même au XXIè siècle c’est donc connaître ses valeurs et richesses, c’est aussi les promouvoir et c’est savoir les vivre avec l’Autre. Etre et bien au-delà : c’est être un métis culturel.

 

 
 

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